24/07/2007
Source : L’Humanité
Utopia . Cette année, les Journées des Amis de l’Huma réunissaient trois cinéastes qui interrogent l’histoire. Une réussite saluée par les festivaliers.
Pour la cinquième année consécutive, les Amis de l’Humanité étaient, les 19 et 20 juillet, au rendez-vous. Belle réussite saluée par de nombreux participants. Utopia offre largement, tout au long de l’année, des programmes, une éthique et une ouverture d’esprit qui en ont fait un repère majeur à Avignon. Les Amis de l’Huma jouent le même jeu. Cette année 2007, pour les soixante ans du Festival, ils ont réuni trois cinéastes dans l’esprit de ceux qui, résistants, poètes, artistes, citoyens fraternels, l’ont fondé.
La journée avec René Vautier, venu de sa Bretagne, avec son chef-d’oeuvre Afrique 50, son Châteaubriant, mémoire vivante d’actualité, avec aussi deux documentaires sur lui : le Petit Blanc à la caméra rouge et Vautier, l’indomptable, et les anecdotes fabuleuses qu’il raconte à quatre-vingts ans, a révélé aux uns, confirmé aux autres, que l’histoire a donné raison au rebelle des rebelles.
La seconde journée a projeté les festivaliers dans un village palestinien avec Bil’in, mon amour, de l’Israélien Shai Carmeli Pollak, film anti-clichés à montrer partout, et jouissant à Avignon de la présence d’un autre réalisateur, André Gazut, qui était dans le même village au printemps dernier.
On a fini en beauté avec le dernier-né de Marcel Trillat, Silence dans la vallée, que l’on devrait voir à la mi-octobre sur France 2 et qui mériterait une soirée entière avec débat. La mondialisation à Nouzonville y est décortiquée en une heure vingt-cinq avec un soin d’entomologiste. Il était hallucinant pour les trois salariés de Jalatte, venus en voisins, de reconnaître à ce point dans cette histoire des Ardennes leurs propres Cévennes.
L’Humanité est, fondamentalement, le journal de ces histoires et de ces combats. Et de ce qu’il faudrait en faire en termes politiques. La question, d’une brûlante actualité, a donné lieu, à Utopia, à un vif débat très suivi par un public mis en appétit.
Françoise Lenoble, qui préside le comité vauclusien des Amis de l’Huma, « sans passé communiste, mais désormais très attachée à sa lecture, à ses combats », a rappelé en quelques mots sensibles et forts le rôle irremplaçable de ce journal.
Laurent Renaud