Le bal des hypocrites, ou comment devenir la victime

22/06/2009

Les autorités judiciaires israéliennes ont demandé l’ouverture d’une enquête suite à la publication sur le site Indymedia Israël de la photo d’un soldat avec comme légende « meurtrier de Bil’in ».

pour mémoire, Bassem Abu Rahme, est mort suite à l’impact d’une bombe lacrymogène tiré par un soldat d’occupation israélien. dans un communiqué, les services du procureur expliquent que ce soldat n’a rien à voir avec la mort de l’activiste de Bil’in, et du fait de la publication de sa photo, ce soldat est facilement identifiable.

Les autorités israéliennes nous refont leurs éternelles pirouettes, passer du statut de coupable à victime.

Les médias israéliens (news one et Ha’aretz) ont relayé ce communiqué, ainsi que l’AFP. Mais qui va croire encore que ce soldat est une victime ? cette photo publiée sur le site d’information alternative Indymedia montre elle vraiment l’assassin de Bassem ? aujourd’hui il est impossible de répondre, mais une chose est sûre, ce soldat n’est aucunement une victime. Tous les soldats postés dans les territoires palestiniens sont des potentiels assassins. Le nombre de victimes palestiniennes, suite à des « incidents » lors de manifestations, n’a cessé d’augmenter. Ne soyons pas dupes, l’occupation israélienne est condamnable, faire passer un soldat pour une victime des médias c’est nier l’injustice quotidienne que subissent les habitants de Bil’in et tous les palestiniens.

Par ce communiqué, les autorités israéliennes ont rétabli les priorités, c’est à dire innocenter un soldat plutôt que communiquer sur l’enquête de la mort de Bassem. Pour « eux », il est évident que « l’accident » qui a tué Bassem n’est qu’un détail par rapport à l’insulte faite à ce soldat.

Un homme est mort et les autorités israéliennes s’en moquent. Il est difficile pour eux d’enquêter sur ce meurtre parce que le seul et vrai coupable est l’état israélien lui même. Israël est coupable de restreindre les libertés du peuple palestinien, de lui détruire son état, de lui confisquer son moyen de vivre, de lui voler sa terre et son avenir. Bassem est mort non pas suite à un incident mais parce qu’il était obligé de manifester pour protéger son village. Ce n’est pas Bassem qui a confisqué les terres agricoles de Bil’in, mais l’état israélien. Ce n’est pas Bassem qui a construit les colonies ou qui construit la barrière de séparation mais l’état israélien. Ce n’est pas Bassem qui a donné l’ordre aux forces d’occupation de lui tirer dessus mais l’état israélien.

Alors peu importe quel soldat est l’assassin de Bassem, il n’est qu’un rouage de la politique israélienne. Et ce n’est pas les quelques regrets émis par l’état major après la mort de Bassem qui rendront la douleur moins pénible. Ce n’est pas, non plus, la pseudo reconnaissance d’un état palestinien par le premier ministre israélien Netanyahu, qui effaceront l’histoire dramatique d’un peuple. Que ce soit par son gouvernement qui demande à un peuple de se soumettre ou par son état major qui autorise à tirer sur des hommes désarmés, les autorités israéliennes démontrent, tous les jours, son hypocrisie et surtout, à quel point le peuple palestinien ne représente rien du tout.